Définition

Mode d’intervention qui utilise les composantes de la musique pour améliorer ou maintenir le bien-être physique et psychique de l’individu.
La musicothérapie est une approche non verbale visant à faciliter la communication et l’expression. Le recourt aux sons, rythmes, mélodies ou au silence favorise la
résurgence d’émotions ou de conflits psychiques, physiques ou sociaux.
Il n'est pas nécessaire d'être musicien pour commencer une musicothérapie.
C'est une thérapie de durée moyenne à longue destinée aussi bien aux enfants qu'aux adultes, aux personnes âgées ou aux adolescents.
Elle peut également être envisagée comme soutien, de façon ponctuelle, ou plus régulièrement en développement personnel.
Enfin, les musicothérapeutes interviennent dans différentes institutions.
Séances
L’expérience musicale permet d’exprimer des ressentis ou des événements trop difficiles à verbaliser ; une fois les choses dites en musique, il est
parfois plus facile d’en parler ; parfois même, en parler n’est pas nécessaire car l’émotion reliée à l’événement à été travaillée en musique. Une séance de musicothérapie, c’est une
aire de liberté et de créativité.
Comment se déroule une séance ?
Le patient expose éventuellement ses objectifs. Il choisit un instrument. L’instrumentarium est composé de bâtons de pluie, clochettes, tambour basse, gongs, xylophones, etc. L’expression sonore
offre à tous la possibilité de s’exprimer et d’être entendus ; en cas de grandes difficultés d’expression, il n’y a pas de mise en échec car respirer suffit : modifier son inspiration ou son
expiration, un gémissement, indiquent que quelque chose est vécu à l’intérieur, et ce son, repris par le musicothérapeute montre au patient qu’il a été entendu.
Le patient prend l’instrument, le soupèse, le retourne, il se familiarise avec lui, en sort quelques sons. Pendant l’improvisation, le musicothérapeute entre en contact sonore avec le
patient : il joue dans un même rythme ou dans des sonorités similaires. Il favorise l’expression du patient, en lui offrant une base mélodique ou rythmique, un « bain sonore » dans lequel le
patient voyage. Simultanément, le musicothérapeute renvoie en miroir les sons qui lui paraissent importants : il s’appuie pour cela sur l’observation du langage non-verbal du
patient.
Une place est ensuite laissée à la verbalisation. L’objectif est la prise de conscience d’une émotion, d’un conflit interne ou encore d’un souvenir, une image qui se rattachent aux sonorités
produites.
Quelle est la spécificité thérapeutique de la musicothérapie ?
Le monde sonore est pré-verbal. Le son, en lien direct avec le monde émotionnel, contourne certains mécanismes de défenses. L’expression sonore offre une alternative. Elle permet une prise de
conscience de certains mécanismes inconscients, par l’objet intermédiaire son ou instrument. C’est un monde nouveau dans lequel la plus petite action prend tout son sens. Les sons provoquent
également des vibrations importantes ; ils favorisent la détente, les sensations ou dynamisent la personne.
L’utilisation de l’instrument mobilise le corps.
Dans les cas de violence, abus, troubles de comportement alimentaire, accidents, etc., c’est une façon de reprendre contact avec son corps. La musicothérapie est aussi utilisée en rééducation. Le
son produit par le geste favorise la conscience corporelle, donne un sens au geste, délie un membre endormi, exerce la coordination, etc. Le patient peut se défouler, se concentrer, se détendre,
apprendre à respirer, à se relaxer, par des jeux musicaux ou corporels.
La musicothérapie de groupe
En plus des aspects qui précèdent, le travail en groupe favorise la prise de conscience des interactions. Le patient est confronté à sa place au sein de la communauté : est-ce qu’il joue fort,
doucement, est-ce qu’il entre en contact ou cherche à l’éviter, comment réagit-il face au son de l’autre, comment écoute - il l’autre…La musicothérapie est un support concret pour
apprendre à s’affirmer dans un groupe, tout en écoutant les autres.
En conclusion
S’exprimer par les sons et le mouvement, c’est prendre du plaisir dans un cadre rassurant. L’estime de soi est renforcée par la découverte de nouvelles capacités. Le patient peut changer en
profondeur grâce à la prise de conscience de ses affects. L’utilisation d’instruments adaptés favorise la mobilité corporelle. Enfin, la dynamique de groupe entraîne chacun à s’exprimer et
communiquer différemment avec les autres.
L'apport de cette approche
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Un travail émotionnel en profondeur
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La compréhension de mécanismes inconscients
-
Le maintient et l’amélioration des fx cognitives telles que mémoire et attention
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Le développement et l’acquisition de nouvelles compétences motrices
Pour les musiciens et les comédiens :
Alors qu'il n'est pas nécessaire d'être musicien pour libérer ses émotion et sa créativité en musique, les musiciens peuvent bénéficier de la musicothérapie, ainsi
que d'autres artistes comme les comédiens. Ils apprennent à être à l'aise dans l'improvisation.
La création demande de puiser dans des expériences émotives intérieures, que ce soit pour interpréter un morceaux de musique, une chanson ou des personnages. Ce
travail peut être nourri par une musicothérapie personnelle ou de groupe. On se rapproche de soi, on se dépouille de l'inutile, on tend à la simplicité. L'expression devient émotion brute
Indications pour l'autisme
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Apaiser des angoisses possibles, par l’instauration de rituels en début et fin de séances, et le défoulement (mesuré) sur les instrument de musique. Prise de
conscience corporelle, danse...
Indications pour des handicapés moteurs ou cérébraux
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Travail sur le corps , par l'effet physique des vibrations, et par l’utilisation d'instruments, en donnant du sens au geste.
Indications en gériatrie
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Retour sur l’histoire personnelles du patient, éveil de souvenirs reliés à certains sons, intervalles, modes, rythmes…
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Socialisation, échanges, revalorisation par la découverte de nouvelles capacités.
Indications en psychiatrie
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Lors d’épisodes dépressifs, donne un élan, un moteur, une stimulation. On peut commencer par la musicothérapie passive, c’est à dire l’écoute de morceaux en
relation avec l’état du patient.
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Elle offre une revalorisation, par la découverte de nouvelles capacités. On vise également la resocialisation.
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Les bénéfices secondaires sont la décharge et la relaxation.
Ce questionnaire m'a été adressé par 2 jeunes filles qui traitent de l'autisme pour leur travail de maturité; voici les réponses que je leur ai
données.
1. Comment se déroule une séance de musicothérapie ? Quel genre d’activités pratiquez-vous ?
Je dispose d’un choix d’instruments simples de toutes sortes. (Métallophones, xylophones, percussions, etc). Tout autre objet produisant un son est susceptible d’être utilisé par une personne
autiste : bouger une chaise, remuer des crayons etc. Concrètement, le patient est invité à découvrir ces instruments : elle les touche, les déplace, se les appropie, et commence à faire des sons.
Le mth répond aux sons qui lui paraissent importants. Ceci permet de rentrer en communication. Par la suite, la réponse attire l’attention du patient sur sa propre production sonore « ah oui, je
viens de jouer ça ». C’est un amplificateur. L’échange sonore peut être un dialogue, ou alors une improvisaiton commune, dans un rythme similaire.
2. Quel est le but de cette thérapie ? En quoi aide-t-elle les autistes ?
Il y a autant de buts que de personnes. L’objectif principal est
d’entrer en communication conciente par un canal non verbal : sonore, gestuel, mouvement. Le fait d’entrer en communication a des effets a plusieurs niveaux : cela améliore le sens relationel,
favorise la différentiation. Le partage d’une réalité commune, tout comme le choix de répondre ou non, montre au patient qu’il a une action sur son monde ; tout ceci apaise ses angoisses.
Des émotions surgissent pendant la séance et se retrouvent dans le sonore ; on peut parfois les nommer, et prendre conscience qu’elles ont un début et une fin, les émotions sont vécues plus
sereinement au fil du temps.
3. Est-ce qu’il existe des travaux scientifiques démontrant l’efficacité de cette thérapie auprès de personnes présentant les mêmes problèmes
?
Vous trouverez des études sur ce sujet sur pubmed, (moteur de recherche médical) en tapant « autism music therapy » Plusieurs études sont tout à fait concluantes, par exemple, la mth
permet à l’enfant autiste de mieux se concentrer.
4. Sur quels critères allez-vous vous appuyer pour savoir si la thérapie est bien adaptée ?
Déjà sur le plaisir que la personne a à venir ; je
me pose toujours la question : trouve-t’il un intérêt à venir, pourquoi vient-il, est-ce juste un rituel ou trouve-t’il quelque chose de plus. Ensuite, j’écoute l’expression sonore du patient.
Même s’il semble répéter les mêmes choses au début (par exemple prendre les instruments dans le même ordre), un processus est en route, et son jeu s’enrichit de variations de volume, de
rythme.Cela prend quelques semaines. Cela signifie qu’il ne joue plus au hasart mais commence à s’écouter ; ensuite, il m’entend quand je lui réponds dans le sonore , puis me répond, c’est à dire
qu’il modifie son jeu en fonction du mien. Ainsi, un dialogue s’instaure, avec les effets cités plus haut.
5. Est-ce que cette thérapie est contre indiquée pour certaines personnes ? Si oui, pour qui est-elle inappropriée et pourquoi ?
Je pense que la musicothérapie est contre indiquée pour les personnes qui ne désirent pas l’entreprendre…j’ai même eu un patient à qui la musique déclenchait des crises d’épilepsie. L’objectif
était de le rendre actif en musique pour l’accoutumer à différents sons, prévus puis imprévus. Il faut respecter les personnes qui ne souhaite pas commencer une musicothérapie : le son permet de
franchir certains mécanismes de défenses, et on sait plus ou moins consciemment si on est prêt à ouvrir certaines portes.
6. Est-ce que vous suivez le développement de votre patient afin de voir si des changements à long terme se sont produits ?
C’est la base. L’observation la plus fidèle possible, c’est à dire sans interprétation, est la part la plus importante de notre travail, puisque nous cherchons à tendre un miroir au patient pour
qu’il se connaisse mieux. Un rapport de séance est rédigé après chaque séance (cela prend 1 quart d ‘heure à 1 demi heure. Nous notons ce qui a été dit avant et après la musique, le contenu de
l’improvisation sonore (tempo, rythme, tonalités utilisées etc) les aspects psychomoteurs, le choix des instruements, etc. Nous remettons un bilan par mois aux éducateurs pour évoquer l’avancée
du processus. Ces rapports permettent de reprendre les premières séances et de voir le chemin accomplit.
7. Quelles sont les différences de prise en charge entre un autiste adulte et un autiste enfant ?
Il y a autant de prises en charges que
d’individus, qu’ils soient enfants ou âgés, handicapées ou non…
8. Est-ce que vous avez vu des améliorations du comportement social après cette thérapie ? Si oui, lesquelles ?
Je n’ai que rarement l’occasion d’observer un patient dans son quotidien, mais on m’a rapporté qu’un des patients autistes que je vois chaque semaine s’approche plus facilement d’ inconus après
quelques séances de musicothérapie. Je peux constater que les patients autistes que je suis ont développé un lien avec moi, c’est à dire qu’ils entrent plus directement en contact, me regardent
plus souvent dans les yeux, expriment mieux ce dont ils ont envie, besoin, à l’aide de mots ou de gestes. Je suppose que ce lien peut favoriser d’autres liens en dehors du cadre de la
thérapie.
9. Est-ce que les résultats sont toujours positifs ? Est-ce que des difficultés peuvent être rencontrées ?
Est-ce que la musicothérapie aide tous les autistes ?
Jouer d’un instrument suscite des émotions. Celles-ci peuvent être agréable à vivre ou désagréables, selon le vécu de chacun. Mais le fait d’identifier et nommer l’émotion après qu’elle aie
apparu aide le patient à l’apprivoiser et moins la craindre la prochaine fois qu’elle apparaîtra. Dans le cas spécifique des autistes, c’est un long processus car ils ont plus de difficultés que
les autres à contenir leurs émotions. Mais c’est d’autant plus nécéssaire. (CF. Cours pour Lavigny du Professeur Gabbaï). La musicothérapie est tellement vaste qu’elle peut potentiellement aider
tous les autistes, au sens où c’est un merveilleux moyen de communication. Ceci en théorie, car en fait, certaines personnes n’ont pas envie de faire un tel travail, autiste ou non. Cela peut
être dû à la rencontre, ou au fait de ne pas aimer le monde sonore. Encore, que, s’il y a apréhension à écouter ou produire des sons, tout un travail est possible.
10. Qu’est-ce que cela ouvre en eux ? Y a-t-il des « effets secondaires » ?
Cela ouvre une façon de communiquer peu menaçante car la communication se fait grâce à un objet intermédiaire. (CF. Winnicott : « jeu et réalité ».) Cela permet une réalité commune entre la
personne et le musicothérapeute par le biais du son. Cela ouvre le désir de s’exprimer, de jouer, de s’amuser. Les stéréotypies peuvent être remplacées pour un temps par d’autres stimulations,
sonores et corporelles.(Danse, vibrations, touchers sur les peau des tambours.)
11. Grâce à cette thérapie, arrivent-ils à communiquer avec nous et arrivons-nous à les comprendre ?
Ils arrivent à nous communiquer leur état émotionnel du moment, éventuellement leur désirs, ainsi que leur humour, leurs goûts… Ils peuvent passer des messages verbaux, ou gestuels. Nous les
comprenons mais devons nous méfier de toute interprétation.
12. Depuis combien de temps appliquez-vous la musicothérapie et combien de personnes souffrant de l’autisme avez-vous traitez ?
Je travaille
avec 4 personne autistes en musicothérapie depuis 1 ans ; auparavant, j’ai travaillé 2 ans avec cette population, mais comme assistante socio-éducative.
13. Comment vous êtes-vous formé ? Qui vous a appris cette thérapie ? Quelles sont les qualifications nécessaires pour acquérir cette thérapie
?
J’ai suivi le cursus de l’Ecole Romande de Musicothérapie à Genève. Elle dure 3 ans en cours d’emplois (2 ans de théorie, 1 an de stages, la dernière année étant réservée aux intervisions,
supervisision, présentation de cas et travail de mémoire. En parrallèle à la formation, un important travail personnel est demandé. Chaque étudiant doit effectuer une psychothérapie personnelle,
une musicotérapie personnelle,et une musicothérapie de groupe. Chaque musicothérapeute est tenu de consulter au moins une fois par mois un superviseur, et ce, pendant toute sa vie
professionnelle.
Pour la thérorie, nous recevons des cours de pathologie, d’anatomie du système nerveux, de psychologie (développement de l’enfant) ainsi que d’histoire de la psychanalyse et toute la théorie sur
les concepts de la musicothérapie et l’utilisation des composants sonores.
L’inscription se fait dès 22 ans, sur entretien et audition. Il est préférable de venir du social (éducateur, ou infirmier, psychologue. ) et d’avoir un niveau musical qui permette
d’improviser.
Plusieurs autres écoles existent en Suisse, dont la Bam de Zürich qui est une fillière HES. Un postgrade qui mène au « Master of advanced Studies » est en cours, dont je suis le
cursus.
Un grand nombres d'études scientifiques sur les effets de la musique passive, improvisée ou sur la musicothérapie sont en cours ou ont été menées. J'ai trouvé cet
extrait sur Pubmed, moteur de recherche des études biologiques et médicales. En tapant "music therapy" dans Pubmed, on peut accéder à un millier d'études consacrées à la musicothérapie.
En plus des aspects thérapeutiques inhérents à la relation patient-thérapeute, la musicothérapie offre des effets spécifiques. le monde sonore est pré-verbal. Le
son, en lien direct avec le vécu émotionnel, contourne certains mécanismes de défense. L'expression sonore permet une prise de conscience de schémas répétitifs grâce à l'objet intermédiaire son
ou instrument; cet objet peut être rassurant, servir d'intermédiaire dans la communication, ou de support de projections. Les sons provoquent également des vibrations importantes; elles
favorisent la détente ou le défoulement, les sensations corporelles, dynamisent la personne.
Dire en sons ce qu'on ne peut pas dire en mots; une fois l'émotion exprimée en musique, il est plus facile d 'en parler; si il n'est vraiment pas possible d'en
parler, l'émotion reliée à un événement marquant aura tout de même été travaillée.
L’utilisation de l’instrument, le chant, la danse, mobilisent le corps.
Dans les cas de violence, abus, troubles de comportement alimentaire, accidents, etc., c’est une façon de reprendre contact avec son corps. La musicothérapie est aussi utilisée en rééducation. Le
son produit par le geste favorise la conscience corporelle, donne un sens au geste, délie un membre endormi, exerce la coordination, etc. Le patient peut se défouler, se concentrer, se détendre,
apprendre à respirer, à se relaxer, par des jeux musicaux ou corporels.
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