Les applications thérapeutiques de la musicothérapie sont très nombreuses. Il est impossible d'en dresser ici une liste exhaustive. Beaucoup d'études ont observé des effets
positifs, comme une meilleure relaxation, une amélioration de l'humeur et de la qualité de vie, une diminution de l'anxiété, etc. Mais il peut être difficile de savoir précisément dans quelle
mesure ces effets sont directement attribuables à la musicothérapie. Les interventions (choix de musique, durée de la séance, intensité, etc.) et les mesures varient énormément d'une étude à
l'autre. Aussi, la taille des échantillons de la majorité des études est souvent insuffisante pour permettre de tirer des conclusions vraiment claires. La section qui suit contient un résumé des
principales applications thérapeutiques de la musicothérapie, évaluées par des études scientifiques.
Recherches :
Améliorer l'humeur. Plusieurs études indiquent que la musicothérapie peut contribuer
à améliorer l'humeur, et ce, auprès de diverses populations. Voici quelques exemples. Elle aurait des effets significatifs chez des patients hospitalisés en rendant le séjour à l'hôpital plus
agréable pour eux et les membres de leur famille. Elle limiterait les perturbations de l'humeur liées à l'autogreffe de cellules souches. Elle contribuait à améliorer l'humeur des travailleurs en
soins de longue durée.
Réduire l'anxiété. La littérature scientifique qui porte sur l'efficacité de la
musicothérapie pour réduire l'anxiété est abondante. Publiée en 2002, une revue systématique de six essais cliniques randomisés rapporte clairement les effets bénéfiques de cette approche auprès
de patients hospitalisés. Selon les auteurs, ce traitement abordable devrait être recommandé comme adjuvant aux soins classiques. En outre, des essais cliniques ont démontré l’efficacité de la
musicothérapie pour réduire l'anxiété en soins palliatifs, au cours de procédures médicales diverses (en phases pré et postopératoires), dans la prise en charge de la lombalgie chronique et
auprès de patients souffrant de troubles respiratoires ou de problèmes cardiaques. Cependant, la plupart des études n'ont pas relevé d'effet à long terme. En ce qui concerne les enfants, la
musicothérapie pourrait soulager l'anxiété avant une chirurgie au moment de la séparation avec les parents et en salle d'opération.
D'autres recherches seront nécessaires pour déterminer les conditions optimales d'utilisation de la musicothérapie. En effet, les protocoles de recherche, le type
de musique et la durée du traitement sont très variables d'une étude à l'autre. On note aussi des faiblesses méthodologiques.
Contribuer au soulagement de la douleur. De nombreux articles, dont plusieurs revues
de la littérature scientifique, ont été publiés concernant le soulagement de la douleur par la musicothérapie. Elle contribuerait à diminuer l'utilisation de morphine et d'autres sédatifs,
d'anxiolytiques et d'analgésiques. De plus, elle favoriserait une diminution de la perception de la douleur et une plus grande tolérance à celle-ci. Entre autres, des recherches ont rapporté une
réduction des symptômes douloureux associés à l'arthrite rhumatoïde, aux troubles musculosquelettiques et à l’arthrose. La musicothérapie s’est également avérée efficace contre la douleur
chronique, les maux de dos et les maux de tête de même que dans le cadre de soins palliatifs, post-anesthésiques, intensifs et néonatals. Elle a aussi été utile lors de chirurgie ou de procédures
médicales diverses.
Améliorer la qualité de vie de personnes souffrant de schizophrénie. Une revue des
essais cliniques randomisés, publiée en 2005, indique que la musicothérapie peut contribuer à améliorer l'état global, la santé mentale et le fonctionnement social des personnes atteintes de
schizophrénie. Par exemple, les résultats d'un essai clinique réalisé auprès de 76 sujets atteints de schizophrénie résiduelle ont révélé une diminution de l'isolement social ainsi qu’une
augmentation de l'intérêt pour les événements externes et de l'habileté à dialoguer avec les autres. Pour l'instant, la plupart des études ont observé ces résultats à court et moyen terme.
D’autres recherches seront nécessaires afin de déterminer l'efficacité de cette technique à long terme.
Contribuer au soulagement de certains symptômes liés à l'autisme. Une méta-analyse et une revue systématique ont fait état des effets positifs de la musicothérapie dans le traitement de l'autisme. Puisque toutes les utilisations de la musique
auprès des enfants et des adolescents ont eu un effet important, il semble que la musique soit un outil très puissant devant ce problème de santé. Concrètement, les bénéfices rapportés sont,
entre autres, une augmentation des vocalisations, des verbalisations, des gestes, de la compréhension de vocabulaire, de l'attention liée à la tâche, des actes communicatifs, du jeu symbolique et
des habiletés aux soins personnels ainsi qu’une diminution de l'écholalie (répétition automatique des phrases au fur et à mesure qu’on les entend). Les chercheurs ont aussi observé une
amélioration de la conscience du corps et de la coordination, et une diminution de l'anxiété. Par contre, les résultats sont mitigés en ce qui concerne l'effet sur les troubles de comportement.
Il reste aussi à définir clairement les bénéfices à long terme.
Améliorer les étapes du sommeil. Les effets apaisants d'une musique douce -
instrumentale ou chantée, enregistrée ou en direct - ont été observés à tous les âges de la vie. Selon les résultats d'études cliniques effectuées auprès de personnes âgées, la musicothérapie
pourrait faciliter l'endormissement, diminuer le nombre de réveils, améliorer la qualité du sommeil et en augmenter la durée ainsi que l'efficacité. D’autres études devront toutefois être
effectuées pour valider ces résultats prometteurs.
Contribuer au développement de l'enfant et à l'amélioration des soins néonatals. La
musicothérapie occupe une place de plus en plus importante dans les soins administrés aux nourrissons et aux enfants ayant des besoins particuliers. Les résultats d'une méta-analyse sur
l'efficacité de la musicothérapie auprès des enfants prématurés indiquent que cette approche peut contribuer à rendre le nourrisson plus calme. Elle peut en outre stimuler le développement du
langage, augmenter le gain de poids et la tolérance à la stimulation et réduire le stress et la durée de l'hospitalisation.
La musicothérapie faciliterait l'adaptation à un séjour hospitalier et contribuerait au soulagement de la douleur durant des
procédures médicales. Exercée activement dans un contexte thérapeutique, elle favoriserait une meilleure expression des émotions et augmenterait la
motivation et l'estime de soi.
Contribuer au soulagement de symptômes liés à la démence. Plusieurs revues littéraires ou
systématiques ont fait le point sur les bénéfices que semble procurer l'utilisation de la musicothérapie auprès de personnes souffrant de démence. La plupart des essais cliniques réalisés à ce
sujet rapportent des effets comme une amélioration des habiletés sociales et de l'état émotionnel ainsi qu’une diminution des troubles de comportement (agitation, agressivité, errance, etc.). Il
semble aussi que ce type d'approche diminuerait le recours à des interventions physiques et pharmacologiques. Cependant, les essais cliniques contrôlés et randomisés sont rares. Les protocoles
manquent d’uniformité et quelques fois, les résultats sont non concluants. Les recherches devront se poursuivre pour évaluer plus rigoureusement cette approche.
Améliorer la coordination des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. D’après quelques données probantes, la musicothérapie, utilisée seule ou avec la physiothérapie, peut contribuer à augmenter la
coordination motrice chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Des améliorations ont été observées sur la vitesse de marche, la distance et la cadence du pas, la lenteur
généralisée et la précision des mouvements. De plus, certains bénéfices en ce qui concerne les fonctions émotionnelles, le langage et la qualité de vie ont aussi été documentés. La plupart des
études ont été réalisées auprès de petits échantillons et comportent des lacunes méthodologiques. Des recherches de plus grande envergure seront nécessaires pour confirmer ces
résultats.
Réduire les doses de médicaments durant les procédures médicales sous sédation. Les
résultats de divers essais cliniques randomisés ou non laissent entendre que la musicothérapie pourrait contribuer à diminuer les doses de morphine et d’autres sédatifs, d'anxiolytiques ou
d'analgésiques utilisées durant une sédation. Cette approche pourrait aussi augmenter le sentiment de confort et de satisfaction des patients. Par contre, bien que la majorité des études rapporte
des résultats prometteurs, d'autres ne sont pas parvenu aux mêmes conclusions. Pour l'instant, il semble que cette technique peu coûteuse et sans risque constitue un bon adjuvant aux soins
classiques.
Contribuer à améliorer des performances physiques et cognitives. Les résultats de
nombreuses études révèlent que la musicothérapie pourrait favoriser une amélioration des performances dans de multiples domaines. Trois revues de littérature scientifique résument quelques-unes
de ses applications. Par exemple, la musicothérapie associée à l'exercice physique pourrait diminuer les sensations de malaise qui en découlent parfois et augmenter la tolérance à l'effort. La
musicothérapie pourrait aussi être bénéfique durant la réalisation de tâches cognitives. Elle permettrait également de stimuler le langage de sujets atteints de troubles mentaux ou le
fonctionnement moteur de personnes souffrant d’un handicap. Cependant, les protocoles de recherche manquent d’uniformité et très peu possèdent une méthodologie rigoureuse qui permettrait leur
réplication. Par ailleurs, certains auteurs émettent l'hypothèse que ces effets ne proviendraient pas de la musique elle-même, mais du fait qu’elle diminue l'anxiété et améliore
l'humeur.
Soulager certains symptômes de la dépression. Quelques données préliminaires
laissent croire que la musicothérapie pourrait être efficace dans le soulagement de certains symptômes de la dépression. Elle augmenterait aussi la réponse aux antidépresseurs. La musicothérapie
pourrait aussi agir favorablement sur les troubles dépressifs des sujets âgés vivant en institution. Mais d'autres études seront nécessaires pour valider cette approche.
Autres indications. Des études ont été publiées relativement aux bénéfices de la musicothérapie dans le traitement de troubles de santé mentale divers ou de
difficultés d'apprentissage, du syndrome de Rett, de la dyslexie, des nausées ou des vomissements post-opératoires, de la sclérose en plaques et de personnes souffrant de problèmes cardiaques et
de la fibrose kystique. La musicothérapie pourrait aussi aider à exprimer des émotions liées au deuil, à l'apprentissage d'une langue seconde et à la réhabilitation à la suite de l'abus de
drogues ou d’alcool. Les effets de la musicothérapie ont également été évalués auprès des femmes enceintes ou durant l'accouchement. Toutefois, les recherches disponibles à l’heure actuelle ne
permettent pas de confirmer l'efficacité de la musicothérapie pour ces indications.
Contre-indications et risques. Les risques associés à la musicothérapie sont pratiquement inexistants et relèvent du bon sens. Cela dit, il est possible que
certains patients, dans des conditions particulières, soient influencés négativement par certains types de musique - comme le « heavy metal » ou le « hard rock » - et se retrouvent par exemple
dans un état d'excitation non désiré. Évidemment, le volume doit être approprié et adapté selon les circonstances et les patientèles. Enfin, les services d'un professionnel reconnu sont fortement
conseillés afin de déterminer les conditions idéales d’utilisation de la musique dans un contexte thérapeutique.
extrait d'un article de passeport santé.