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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 17:59
Claudie Bert

Hyperactivité : comment la soigne-t-on en Europe ?

Comment repère-t-on les hyperactifs dans les différents pays d’Europe ? Comment les prend-on en charge ? Une journée consacrée au Déficit de l’Attention/Hyperactivité (TDAH ; en anglais, ADHD) a réuni à Paris, le 22 septembre dernier, des spécialistes de plusieurs pays. Les intervenants ont pu s’appuyer sur la vaste enquête comparative qu’a effectuée, en mai 2009, l’association ADHD-Europe auprès des associations membres de 19 pays européens. Cette journée a permis de dégager les ressemblances et différences entre pays européens dans l’approche du TDAH :

Les ressemblances

La définition : Tous s’accordent : le TDAH est un trouble du développement qui se caractérise par trois sortes de symptômes : l’hyperactivité, marquée par une agitation difficile à contrôler ; le déficit de l’attention, qui s’exprime par une difficulté à se concentrer ; et l’impulsivité.

La prévalence du TDAH est la même partout : environ 5 % des enfants de 6 à 12 ans. Elle diminue chez les ados, puis à nouveau chez les adultes, mais sans disparaître – ou plutôt, l’hyperactivité s’atténue beaucoup ou disparaît, mais l’inattention et l’impulsivité persistent, perturbant vie privée et vie professionnelle.

La bonne prise en charge : Accord sur les principes :

• Avant 6 ans : pas de médicaments, mais des conseils éducatifs aux parents.

• Entre 6 et 12 ans : une fois le diagnostic bien établi, c’est un recours simultané à des médicaments et à une psychothérapie qui paraît le mieux fonctionner, d’après les études d’évaluation, avec, comme molécule à choisir en première intention, le méthylphénidate, sous une forme à effet immédiat (Ritaline) ou à effet retardé mais plus durable (Concerta) – ce dernier serait particulièrement indiqué pour les enfants français, dont la journée scolaire est longue ; et, comme traitement psychologique, une thérapie comportementale. Une guidance des parents, et, si possible, des maîtres est également très utile. Ce ne sont là que de grandes lignes : le traitement doit être adapté à chacun, selon son âge, la nature et la gravité de ses troubles, la présence ou l’absence de troubles associés, tels que l’anxiété ou la dépression.

• Chez les adolescents et adultes : ils peuvent avoir besoin d’une thérapie, d’un coachingpour les aider à faire face à leurs problèmes, et à acquérir une meilleure image d’eux-mêmes.

Les différences

Le dépistage : En Ecosse, on estime que seul un cas sur dix est repéré, et qu'en Belgique, on dépiste plus de TDAH qu’il n’y en a…

Le diagnostic : Il n’est effectué que par des psychologues à Malte ; que par des médecins – généralistes ou spécialistes, tels que pédo-psychiatres ou neurologues – en Belgique, en Finlande, en France, en Italie, en Suède ; par les deux en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Irlande. Le délai qui s’écoule entre la première demande de rendez-vous et l’établissement du diagnostic est de 1 à 3 ans selon le pays.

La prise en charge en pratique : D’accord sur les principes, les pays divergent largement quant aux pratiques :

• Médicaments : la Croatie est le seul pays qui n’ait pas agréé le méthylphénidate (mais elle a admis d’autres molécules) ; et la France, le seul pays qui n’ait agréé que la Ritaline et le Concerta.

• Traitements psychologiques : la guidance parentale existe partout, sauf en Hongrie ; mais à dose homéopathique en France (où le seul centre public existant – à l’hôpital Robert-Debré à Paris – commence tout juste à essaimer en province), et en Italie (où la formation des parents est absente du domaine public). La thérapie comportementale est offerte partout, sauf en Autriche et en Belgique. De nombreuses autres thérapies sont proposées un peu partout – bien que les spécialistes réunis à Paris les aient jugées inefficaces, y compris, pour cette indication, la psychanalyse et les psychothérapies qui s’en inspirent.

La scolarisation : La connaissance qu'ont les enseignants du TDAH va de pair, dans tous les pays, avec leur acceptation d’enfants atteints dans leur classe. Les deux sont excellents en Finlande ; mauvais ou médiocres au Danemark, en Grèce, en Hongrie, en France.

 Une remarque : dans cette comparaison à l’échelle de l’Europe, la France ne fait pas très bonne figure. Le diagnostic du trouble y est tardif, et, chose curieuse, il est plus tardif si les parents se sont adressés en premier à un spécialiste de la santé mentale que s’ils se sont d’abord tournés vers leur médecin de famille ! (1) La guidance parentale est rare ; les centres de référence susceptibles d’aider les enseignants, inexistants ; il y a peu de recherches, et, pour comble, trop de traitements inadaptés, de l’avis des spécialistes présents, qu’ils soient psychologiques (psychothérapies analytiques, thérapies familiales…) ou médicamenteux (recours à des neuroleptiques, à des benzodiazépines). L’évolution de notre pays se ferait dans le bon sens, ont assuré nos invités étrangers – mais étaient-ils sincères ou ont-ils simplement voulu être aimables pour le pays hôte, d’autant plus que la France doit accueillir l’an prochain, à Bordeaux, le premier congrès international francophone sur le TDAH ?

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Published by Ganaëlle38 - dans PSYCHOTHERAPIES
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