L’éventualité de la douleur exclut l’amour

Celui qui s’interroge veut savoir comment il peut agir librement, sans autocensure, alors qu’il sait que son action va inévitablement heurter ceux qu’il aime.

Aimer en réalité, c’est être libre – les deux partenaires sont libres. Si la douleur est possible, si une éventuelle souffrance est envisageable dans l’amour, ce n’est pas l’amour, ce n’est qu’une forme subtile de possession, de mainmise.

Si vous aimez quelqu’un, si vous l’aimez vraiment, il est tout à fait exclut que vous puissiez le blesser, en faisant une chose que vous estimez juste. Ce n’est que lorsque vous voulez que l’autre agisse à votre guise ou qu’il veut que vous agissiez à sa guise qu’il y a souffrance. Autrement dit, vous avez envie qu’on vous possède ; vous vous sentez rassuré, sécurisé, à l’aise ; tout en sachant que cette sécurité n’est qu’éphémère, vous vous abritez dans cette situation confortable et transitoire. Donc, tous les efforts que l’on déploie dans le but d’être rassuré, encouragé, ne font en réalité que trahir une absence de richesse intérieur ; donc tout acte qui tient l’autre à distance, à l’écart, suscite naturellement le désordre, la douleur et la souffrance ; et l’un des deux partenaires, pour s’adapter à l’autre, doit refouler ce qu’il ressent vraiment. Autrement dit, cette répression permanente, dictée par un prétendu amour, détruit les deux partenaires.

Dans ce type d’amour il n’y a pas de liberté ; ce n’est qu’un asservissement subtil.


Extrait « Le Livre de la Méditation et de la Vie » KRISHNAMURTI

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