MUSICO THERAPIE

Vendredi 9 octobre 2009
"THE FUN THEORY" :

il s'agit d'une théorie qui utilise le côté ludique des choses pour changer les comportements..

En voici un très bel exemple : comment faire pour que les gens choisissent l'escalier plutôt que l'escalator ?



 
Par Ganaëlle38
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Vendredi 26 juin 2009

Par Ganaëlle38
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Mercredi 31 décembre 2008

Définition


Mode d’intervention qui utilise les composantes de la musique pour améliorer ou maintenir le bien-être physique et psychique de l’individu.
La musicothérapie est une approche non verbale visant à faciliter la communication et l’expression. Le recourt aux sons, rythmes, mélodies ou au silence favorise la résurgence d’émotions ou de conflits psychiques, physiques ou sociaux.

Il n'est pas nécessaire d'être musicien pour commencer une musicothérapie.

C'est une thérapie de durée moyenne à longue destinée aussi bien aux enfants qu'aux adultes, aux personnes âgées ou aux adolescents.
Elle peut également être envisagée comme soutien, de façon ponctuelle, ou plus régulièrement en développement personnel.

Enfin, les musicothérapeutes interviennent dans différentes institutions.

Séances

L’expérience musicale permet d’exprimer des ressentis ou des événements trop difficiles à verbaliser ; une fois les choses dites en musique, il est parfois plus facile d’en parler ; parfois même, en parler n’est pas nécessaire car l’émotion reliée à l’événement à été travaillée en musique. Une séance de musicothérapie, c’est une aire de liberté et de créativité.

Comment se déroule une séance ?

Le patient expose éventuellement ses objectifs. Il choisit un instrument. L’instrumentarium est composé de bâtons de pluie, clochettes, tambour basse, gongs, xylophones, etc. L’expression sonore offre à tous la possibilité de s’exprimer et d’être entendus ; en cas de grandes difficultés d’expression, il n’y a pas de mise en échec car respirer suffit : modifier son inspiration ou son expiration, un gémissement, indiquent que quelque chose est vécu à l’intérieur, et ce son, repris par le musicothérapeute montre au patient qu’il a été entendu.

Le patient prend l’instrument, le soupèse, le retourne, il se familiarise avec lui, en sort quelques sons. Pendant l’improvisation, le musicothérapeute entre en contact sonore avec le patient : il joue dans un même rythme ou dans des sonorités similaires. Il favorise l’expression du patient, en lui offrant une base mélodique ou rythmique, un « bain sonore » dans lequel le patient voyage. Simultanément, le musicothérapeute renvoie en miroir les sons qui lui paraissent importants : il s’appuie pour cela sur l’observation du langage non-verbal du patient.

Une place est ensuite laissée à la verbalisation. L’objectif est la prise de conscience d’une émotion, d’un conflit interne ou encore d’un souvenir, une image qui se rattachent aux sonorités produites.

Quelle est la spécificité thérapeutique de la musicothérapie ?

Le monde sonore est pré-verbal. Le son, en lien direct avec le monde émotionnel, contourne certains mécanismes de défenses. L’expression sonore offre une alternative. Elle permet une prise de conscience de certains mécanismes inconscients, par l’objet intermédiaire son ou instrument. C’est un monde nouveau dans lequel la plus petite action prend tout son sens. Les sons provoquent également des vibrations importantes ; ils favorisent la détente, les sensations ou dynamisent la personne.

L’utilisation de l’instrument mobilise le corps.

Dans les cas de violence, abus, troubles de comportement alimentaire, accidents, etc., c’est une façon de reprendre contact avec son corps. La musicothérapie est aussi utilisée en rééducation. Le son produit par le geste favorise la conscience corporelle, donne un sens au geste, délie un membre endormi, exerce la coordination, etc. Le patient peut se défouler, se concentrer, se détendre, apprendre à respirer, à se relaxer, par des jeux musicaux ou corporels.

La musicothérapie de groupe

En plus des aspects qui précèdent, le travail en groupe favorise la prise de conscience des interactions. Le patient est confronté à sa place au sein de la communauté : est-ce qu’il joue fort, doucement, est-ce qu’il entre en contact ou cherche à l’éviter, comment réagit-il face au son de l’autre, comment écoute - il l’autre…La musicothérapie est un support concret pour apprendre à s’affirmer dans un groupe, tout en écoutant les autres.

En conclusion

S’exprimer par les sons et le mouvement, c’est prendre du plaisir dans un cadre rassurant. L’estime de soi est renforcée par la découverte de nouvelles capacités. Le patient peut changer en profondeur grâce à la prise de conscience de ses affects. L’utilisation d’instruments adaptés favorise la mobilité corporelle. Enfin, la dynamique de groupe entraîne chacun à s’exprimer et communiquer différemment avec les autres
.

L'apport de cette approche

  • Un travail émotionnel en profondeur
  • La compréhension de mécanismes inconscients
  • Le maintient et l’amélioration des fx cognitives telles que mémoire et attention
  • Le développement et l’acquisition de nouvelles compétences motrices
Pour les musiciens et les comédiens :
Alors qu'il n'est pas nécessaire d'être musicien pour libérer ses émotion et sa créativité en musique, les musiciens peuvent bénéficier de la musicothérapie, ainsi que d'autres artistes comme les comédiens. Ils apprennent à être à l'aise dans l'improvisation.

La création demande de puiser dans des expériences émotives intérieures, que ce soit pour interpréter un morceaux de musique, une chanson ou des personnages. Ce travail peut être nourri par une musicothérapie personnelle ou de groupe. On se rapproche de soi, on se dépouille de l'inutile, on tend à la simplicité. L'expression devient émotion brute

Indications pour l'autisme

  • Rentrer en contact sonore avec le patient
  • Favoriser la différenciation par le rôle amplificateur du son émis par le patient.
  • Développer la communication, grâce à la fonction d’objet transitionnel de l’instrument
  • Apaiser des angoisses possibles, par l’instauration de rituels en début et fin de séances, et le défoulement (mesuré) sur les instrument de musique. Prise de conscience corporelle, danse...

Indications pour des handicapés moteurs ou cérébraux

  • Possibilité donnée à la personne d’exprimer se qu’elle ressent, quel que soit le degré du handicap. (Une personne peut s’exprimer par un simple souffle )
  • Possibilité donnée à la personne de sentir entendue et par là-même, diminuer un possible sentiment d’ isolement.
  • Socialisation, échanges, revalorisation par la découverte de nouvelles capacités.
  • Travail sur le corps , par l'effet physique des vibrations, et par l’utilisation d'instruments, en donnant du sens au geste.
  • Décharge et la relaxation.

Indications en gériatrie

  • Partager un moment de plaisir
  • Réduire la confusion et l’agitation grâce à la concentration de la personne sur ce qui se passe.
  • Maintenir voire améliorer la mobilité du corps.
  • Retour sur l’histoire personnelles du patient, éveil de souvenirs reliés à certains sons, intervalles, modes, rythmes…
  • Socialisation, échanges, revalorisation par la découverte de nouvelles capacités.

Indications en psychiatrie

  • Prendre du plaisir dans un cadre rassurant.
  • Elle permet d’aider le patient à faire face à ses émotions, grâce à l’objet transitionnel musique, instrument.
  • Elle permet à des personnes isolées ou repliées sur elles-mêmes de retrouver un mode de communication et d’expression.
  • Lors d’épisodes dépressifs, donne un élan, un moteur, une stimulation. On peut commencer par la musicothérapie passive, c’est à dire l’écoute de morceaux en relation avec l’état du patient.


  • Dans des cas de sur-stimulation mentale, jouer de la musique ramène le patient à un événement concret.
  • Elle offre une revalorisation, par la découverte de nouvelles capacités. On vise également la resocialisation.

  • Les bénéfices secondaires sont la décharge et la relaxation.



Ce questionnaire m'a été adressé par 2 jeunes filles qui traitent de l'autisme pour leur travail de maturité; voici les réponses que je leur ai données.

1. Comment se déroule une séance de musicothérapie ? Quel genre d’activités pratiquez-vous ?
Je dispose d’un choix d’instruments simples de toutes sortes. (Métallophones, xylophones, percussions, etc). Tout autre objet produisant un son est susceptible d’être utilisé par une personne autiste : bouger une chaise, remuer des crayons etc. Concrètement, le patient est invité à découvrir ces instruments : elle les touche, les déplace, se les appropie, et commence à faire des sons. Le mth répond aux sons qui lui paraissent importants. Ceci permet de rentrer en communication. Par la suite, la réponse attire l’attention du patient sur sa propre production sonore « ah oui, je viens de jouer ça ». C’est un amplificateur. L’échange sonore peut être un dialogue, ou alors une improvisaiton commune, dans un rythme similaire.

2. Quel est le but de cette thérapie ? En quoi aide-t-elle les autistes ?
Il y a autant de buts que de personnes. L’objectif principal est d’entrer en communication conciente par un canal non verbal : sonore, gestuel, mouvement. Le fait d’entrer en communication a des effets a plusieurs niveaux : cela améliore le sens relationel, favorise la différentiation. Le partage d’une réalité commune, tout comme le choix de répondre ou non, montre au patient qu’il a une action sur son monde ; tout ceci apaise ses angoisses.

Des émotions surgissent pendant la séance et se retrouvent dans le sonore ; on peut parfois les nommer, et prendre conscience qu’elles ont un début et une fin, les émotions sont vécues plus sereinement au fil du temps.

3. Est-ce qu’il existe des travaux scientifiques démontrant l’efficacité de cette thérapie auprès de personnes présentant les mêmes problèmes ?
Vous trouverez des études sur ce sujet sur pubmed, (moteur de recherche médical) en tapant « autism music therapy » Plusieurs études sont tout à fait concluantes, par exemple, la mth permet à l’enfant autiste de mieux se concentrer.

4. Sur quels critères allez-vous vous appuyer pour savoir si la thérapie est bien adaptée ?
Déjà sur le plaisir que la personne a à venir ; je me pose toujours la question : trouve-t’il un intérêt à venir, pourquoi vient-il, est-ce juste un rituel ou trouve-t’il quelque chose de plus. Ensuite, j’écoute l’expression sonore du patient. Même s’il semble répéter les mêmes choses au début (par exemple prendre les instruments dans le même ordre), un processus est en route, et son jeu s’enrichit de variations de volume, de rythme.Cela prend quelques semaines. Cela signifie qu’il ne joue plus au hasart mais commence à s’écouter ; ensuite, il m’entend quand je lui réponds dans le sonore , puis me répond, c’est à dire qu’il modifie son jeu en fonction du mien. Ainsi, un dialogue s’instaure, avec les effets cités plus haut.

5. Est-ce que cette thérapie est contre indiquée pour certaines personnes ? Si oui, pour qui est-elle inappropriée et pourquoi ?
Je pense que la musicothérapie est contre indiquée pour les personnes qui ne désirent pas l’entreprendre…j’ai même eu un patient à qui la musique déclenchait des crises d’épilepsie. L’objectif était de le rendre actif en musique pour l’accoutumer à différents sons, prévus puis imprévus. Il faut respecter les personnes qui ne souhaite pas commencer une musicothérapie : le son permet de franchir certains mécanismes de défenses, et on sait plus ou moins consciemment si on est prêt à ouvrir certaines portes.

6. Est-ce que vous suivez le développement de votre patient afin de voir si des changements à long terme se sont produits ?
C’est la base. L’observation la plus fidèle possible, c’est à dire sans interprétation, est la part la plus importante de notre travail, puisque nous cherchons à tendre un miroir au patient pour qu’il se connaisse mieux. Un rapport de séance est rédigé après chaque séance (cela prend 1 quart d ‘heure à 1 demi heure. Nous notons ce qui a été dit avant et après la musique, le contenu de l’improvisation sonore (tempo, rythme, tonalités utilisées etc) les aspects psychomoteurs, le choix des instruements, etc. Nous remettons un bilan par mois aux éducateurs pour évoquer l’avancée du processus. Ces rapports permettent de reprendre les premières séances et de voir le chemin accomplit.

7. Quelles sont les différences de prise en charge entre un autiste adulte et un autiste enfant ?
Il y a autant de prises en charges que d’individus, qu’ils soient enfants ou âgés, handicapées ou non…

8. Est-ce que vous avez vu des améliorations du comportement social après cette thérapie ? Si oui, lesquelles ?
Je n’ai que rarement l’occasion d’observer un patient dans son quotidien, mais on m’a rapporté qu’un des patients autistes que je vois chaque semaine s’approche plus facilement d’ inconus après quelques séances de musicothérapie. Je peux constater que les patients autistes que je suis ont développé un lien avec moi, c’est à dire qu’ils entrent plus directement en contact, me regardent plus souvent dans les yeux, expriment mieux ce dont ils ont envie, besoin, à l’aide de mots ou de gestes. Je suppose que ce lien peut favoriser d’autres liens en dehors du cadre de la thérapie.

9. Est-ce que les résultats sont toujours positifs ? Est-ce que des difficultés peuvent être rencontrées ?
Est-ce que la musicothérapie aide tous les autistes ?
Jouer d’un instrument suscite des émotions. Celles-ci peuvent être agréable à vivre ou désagréables, selon le vécu de chacun. Mais le fait d’identifier et nommer l’émotion après qu’elle aie apparu aide le patient à l’apprivoiser et moins la craindre la prochaine fois qu’elle apparaîtra. Dans le cas spécifique des autistes, c’est un long processus car ils ont plus de difficultés que les autres à contenir leurs émotions. Mais c’est d’autant plus nécéssaire. (CF. Cours pour Lavigny du Professeur Gabbaï). La musicothérapie est tellement vaste qu’elle peut potentiellement aider tous les autistes, au sens où c’est un merveilleux moyen de communication. Ceci en théorie, car en fait, certaines personnes n’ont pas envie de faire un tel travail, autiste ou non. Cela peut être dû à la rencontre, ou au fait de ne pas aimer le monde sonore. Encore, que, s’il y a apréhension à écouter ou produire des sons, tout un travail est possible.

10. Qu’est-ce que cela ouvre en eux ? Y a-t-il des « effets secondaires » ?
Cela ouvre une façon de communiquer peu menaçante car la communication se fait grâce à un objet intermédiaire. (CF. Winnicott : « jeu et réalité ».) Cela permet une réalité commune entre la personne et le musicothérapeute par le biais du son. Cela ouvre le désir de s’exprimer, de jouer, de s’amuser. Les stéréotypies peuvent être remplacées pour un temps par d’autres stimulations, sonores et corporelles.(Danse, vibrations, touchers sur les peau des tambours.)

11. Grâce à cette thérapie, arrivent-ils à communiquer avec nous et arrivons-nous à les comprendre ?
Ils arrivent à nous communiquer leur état émotionnel du moment, éventuellement leur désirs, ainsi que leur humour, leurs goûts… Ils peuvent passer des messages verbaux, ou gestuels. Nous les comprenons mais devons nous méfier de toute interprétation.

12. Depuis combien de temps appliquez-vous la musicothérapie et combien de personnes souffrant de l’autisme avez-vous traitez ?
Je travaille avec 4 personne autistes en musicothérapie depuis 1 ans ; auparavant, j’ai travaillé 2 ans avec cette population, mais comme assistante socio-éducative.

13. Comment vous êtes-vous formé ? Qui vous a appris cette thérapie ? Quelles sont les qualifications nécessaires pour acquérir cette thérapie ?
J’ai suivi le cursus de l’Ecole Romande de Musicothérapie à Genève. Elle dure 3 ans en cours d’emplois (2 ans de théorie, 1 an de stages, la dernière année étant réservée aux intervisions, supervisision, présentation de cas et travail de mémoire. En parrallèle à la formation, un important travail personnel est demandé. Chaque étudiant doit effectuer une psychothérapie personnelle, une musicotérapie personnelle,et une musicothérapie de groupe. Chaque musicothérapeute est tenu de consulter au moins une fois par mois un superviseur, et ce, pendant toute sa vie professionnelle.

Pour la thérorie, nous recevons des cours de pathologie, d’anatomie du système nerveux, de psychologie (développement de l’enfant) ainsi que d’histoire de la psychanalyse et toute la théorie sur les concepts de la musicothérapie et l’utilisation des composants sonores.

L’inscription se fait dès 22 ans, sur entretien et audition. Il est préférable de venir du social (éducateur, ou infirmier, psychologue. ) et d’avoir un niveau musical qui permette d’improviser.

Plusieurs autres écoles existent en Suisse, dont la Bam de Zürich qui est une fillière HES. Un postgrade qui mène au « Master of advanced Studies » est en cours, dont je suis le cursus.

Interet grandissant des sciences pour la musicotherapie

Un grand nombres d'études scientifiques sur les effets de la musique passive, improvisée ou sur la musicothérapie sont en cours ou ont été menées. J'ai trouvé cet extrait sur Pubmed, moteur de recherche des études biologiques et médicales. En tapant "music therapy" dans Pubmed, on peut accéder à un millier d'études consacrées à la musicothérapie.



En plus des aspects thérapeutiques inhérents à la relation patient-thérapeute, la musicothérapie offre des effets spécifiques. le monde sonore est pré-verbal. Le son, en lien direct avec le vécu émotionnel, contourne certains mécanismes de défense. L'expression sonore permet une prise de conscience de schémas répétitifs grâce à l'objet intermédiaire son ou instrument; cet objet peut être rassurant, servir d'intermédiaire dans la communication, ou de support de projections. Les sons provoquent également des vibrations importantes; elles favorisent la détente ou le défoulement, les sensations corporelles, dynamisent la personne. 

Dire en sons ce qu'on ne peut pas dire en mots; une fois l'émotion exprimée en musique, il est plus facile d 'en parler; si il n'est vraiment pas possible d'en parler, l'émotion reliée à un événement marquant aura tout de même été travaillée.

L’utilisation de l’instrument, le chant, la danse, mobilisent le corps.
Dans les cas de violence, abus, troubles de comportement alimentaire, accidents, etc., c’est une façon de reprendre contact avec son corps. La musicothérapie est aussi utilisée en rééducation. Le son produit par le geste favorise la conscience corporelle, donne un sens au geste, délie un membre endormi, exerce la coordination, etc. Le patient peut se défouler, se concentrer, se détendre, apprendre à respirer, à se relaxer, par des jeux musicaux ou corporels.


Articles en lien avec la musicothérapie : 

"La musique adoucit les maux", dans "Construire".

Par Ganaelle
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Mardi 30 décembre 2008
Les applications thérapeutiques de la musicothérapie sont très nombreuses. Il est impossible d'en dresser ici une liste exhaustive. Beaucoup d'études ont observé des effets positifs, comme une meilleure relaxation, une amélioration de l'humeur et de la qualité de vie, une diminution de l'anxiété, etc. Mais il peut être difficile de savoir précisément dans quelle mesure ces effets sont directement attribuables à la musicothérapie. Les interventions (choix de musique, durée de la séance, intensité, etc.) et les mesures varient énormément d'une étude à l'autre. Aussi, la taille des échantillons de la majorité des études est souvent insuffisante pour permettre de tirer des conclusions vraiment claires. La section qui suit contient un résumé des principales applications thérapeutiques de la musicothérapie, évaluées par des études scientifiques.


Recherches :
Améliorer l'humeur. Plusieurs études indiquent que la musicothérapie peut contribuer à améliorer l'humeur, et ce, auprès de diverses populations. Voici quelques exemples. Elle aurait des effets significatifs chez des patients hospitalisés en rendant le séjour à l'hôpital plus agréable pour eux et les membres de leur famille. Elle limiterait les perturbations de l'humeur liées à l'autogreffe de cellules souches. Elle contribuait à améliorer l'humeur des travailleurs en soins de longue durée.


Réduire l'anxiété. La littérature scientifique qui porte sur l'efficacité de la musicothérapie pour réduire l'anxiété est abondante. Publiée en 2002, une revue systématique de six essais cliniques randomisés rapporte clairement les effets bénéfiques de cette approche auprès de patients hospitalisés. Selon les auteurs, ce traitement abordable devrait être recommandé comme adjuvant aux soins classiques. En outre, des essais cliniques ont démontré l’efficacité de la musicothérapie pour réduire l'anxiété en soins palliatifs, au cours de procédures médicales diverses (en phases pré et postopératoires), dans la prise en charge de la lombalgie chronique et auprès de patients souffrant de troubles respiratoires ou de problèmes cardiaques. Cependant, la plupart des études n'ont pas relevé d'effet à long terme. En ce qui concerne les enfants, la musicothérapie pourrait soulager l'anxiété avant une chirurgie au moment de la séparation avec les parents et en salle d'opération.

D'autres recherches seront nécessaires pour déterminer les conditions optimales d'utilisation de la musicothérapie. En effet, les protocoles de recherche, le type de musique et la durée du traitement sont très variables d'une étude à l'autre. On note aussi des faiblesses méthodologiques.


Contribuer au soulagement de la douleur. De nombreux articles, dont plusieurs revues de la littérature scientifique, ont été publiés concernant le soulagement de la douleur par la musicothérapie. Elle contribuerait à diminuer l'utilisation de morphine et d'autres sédatifs, d'anxiolytiques et d'analgésiques. De plus, elle favoriserait une diminution de la perception de la douleur et une plus grande tolérance à celle-ci. Entre autres, des recherches ont rapporté une réduction des symptômes douloureux associés à l'arthrite rhumatoïde, aux troubles musculosquelettiques et à l’arthrose. La musicothérapie s’est également avérée efficace contre la douleur chronique, les maux de dos et les maux de tête de même que dans le cadre de soins palliatifs, post-anesthésiques, intensifs et néonatals. Elle a aussi été utile lors de chirurgie ou de procédures médicales diverses.


Améliorer la qualité de vie de personnes souffrant de schizophrénie. Une revue des essais cliniques randomisés, publiée en 2005, indique que la musicothérapie peut contribuer à améliorer l'état global, la santé mentale et le fonctionnement social des personnes atteintes de schizophrénie. Par exemple, les résultats d'un essai clinique réalisé auprès de 76 sujets atteints de schizophrénie résiduelle ont révélé une diminution de l'isolement social ainsi qu’une augmentation de l'intérêt pour les événements externes et de l'habileté à dialoguer avec les autres. Pour l'instant, la plupart des études ont observé ces résultats à court et moyen terme. D’autres recherches seront nécessaires afin de déterminer l'efficacité de cette technique à long terme.


Contribuer au soulagement de certains symptômes liés à l'autisme. Une méta-analyse et une revue systématique ont fait état des effets positifs de la musicothérapie dans le traitement de l'autisme. Puisque toutes les utilisations de la musique auprès des enfants et des adolescents ont eu un effet important, il semble que la musique soit un outil très puissant devant ce problème de santé. Concrètement, les bénéfices rapportés sont, entre autres, une augmentation des vocalisations, des verbalisations, des gestes, de la compréhension de vocabulaire, de l'attention liée à la tâche, des actes communicatifs, du jeu symbolique et des habiletés aux soins personnels ainsi qu’une diminution de l'écholalie (répétition automatique des phrases au fur et à mesure qu’on les entend). Les chercheurs ont aussi observé une amélioration de la conscience du corps et de la coordination, et une diminution de l'anxiété. Par contre, les résultats sont mitigés en ce qui concerne l'effet sur les troubles de comportement. Il reste aussi à définir clairement les bénéfices à long terme.


Améliorer les étapes du sommeil. Les effets apaisants d'une musique douce - instrumentale ou chantée, enregistrée ou en direct - ont été observés à tous les âges de la vie. Selon les résultats d'études cliniques effectuées auprès de personnes âgées, la musicothérapie pourrait faciliter l'endormissement, diminuer le nombre de réveils, améliorer la qualité du sommeil et en augmenter la durée ainsi que l'efficacité. D’autres études devront toutefois être effectuées pour valider ces résultats prometteurs.

Contribuer au développement de l'enfant et à l'amélioration des soins néonatals. La musicothérapie occupe une place de plus en plus importante dans les soins administrés aux nourrissons et aux enfants ayant des besoins particuliers. Les résultats d'une méta-analyse sur l'efficacité de la musicothérapie auprès des enfants prématurés indiquent que cette approche peut contribuer à rendre le nourrisson plus calme. Elle peut en outre stimuler le développement du langage, augmenter le gain de poids et la tolérance à la stimulation et réduire le stress et la durée de l'hospitalisation.

La musicothérapie faciliterait l'adaptation à un séjour hospitalier et contribuerait au soulagement de la douleur durant des procédures médicales. Exercée activement dans un contexte thérapeutique, elle favoriserait une meilleure expression des émotions et augmenterait la motivation et l'estime de soi.

Contribuer au soulagement de symptômes liés à la démence. Plusieurs revues littéraires ou systématiques ont fait le point sur les bénéfices que semble procurer l'utilisation de la musicothérapie auprès de personnes souffrant de démence. La plupart des essais cliniques réalisés à ce sujet rapportent des effets comme une amélioration des habiletés sociales et de l'état émotionnel ainsi qu’une diminution des troubles de comportement (agitation, agressivité, errance, etc.). Il semble aussi que ce type d'approche diminuerait le recours à des interventions physiques et pharmacologiques. Cependant, les essais cliniques contrôlés et randomisés sont rares. Les protocoles manquent d’uniformité et quelques fois, les résultats sont non concluants. Les recherches devront se poursuivre pour évaluer plus rigoureusement cette approche.

Améliorer la coordination des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. D’après quelques données probantes, la musicothérapie, utilisée seule ou avec la physiothérapie, peut contribuer à augmenter la coordination motrice chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Des améliorations ont été observées sur la vitesse de marche, la distance et la cadence du pas, la lenteur généralisée et la précision des mouvements. De plus, certains bénéfices en ce qui concerne les fonctions émotionnelles, le langage et la qualité de vie ont aussi été documentés. La plupart des études ont été réalisées auprès de petits échantillons et comportent des lacunes méthodologiques. Des recherches de plus grande envergure seront nécessaires pour confirmer ces résultats.

Réduire les doses de médicaments durant les procédures médicales sous sédation. Les résultats de divers essais cliniques randomisés ou non laissent entendre que la musicothérapie pourrait contribuer à diminuer les doses de morphine et d’autres sédatifs, d'anxiolytiques ou d'analgésiques utilisées durant une sédation. Cette approche pourrait aussi augmenter le sentiment de confort et de satisfaction des patients. Par contre, bien que la majorité des études rapporte des résultats prometteurs, d'autres ne sont pas parvenu aux mêmes conclusions. Pour l'instant, il semble que cette technique peu coûteuse et sans risque constitue un bon adjuvant aux soins classiques.

Contribuer à améliorer des performances physiques et cognitives. Les résultats de nombreuses études révèlent que la musicothérapie pourrait favoriser une amélioration des performances dans de multiples domaines. Trois revues de littérature scientifique résument quelques-unes de ses applications. Par exemple, la musicothérapie associée à l'exercice physique pourrait diminuer les sensations de malaise qui en découlent parfois et augmenter la tolérance à l'effort. La musicothérapie pourrait aussi être bénéfique durant la réalisation de tâches cognitives. Elle permettrait également de stimuler le langage de sujets atteints de troubles mentaux ou le fonctionnement moteur de personnes souffrant d’un handicap. Cependant, les protocoles de recherche manquent d’uniformité et très peu possèdent une méthodologie rigoureuse qui permettrait leur réplication. Par ailleurs, certains auteurs émettent l'hypothèse que ces effets ne proviendraient pas de la musique elle-même, mais du fait qu’elle diminue l'anxiété et améliore l'humeur.

Soulager certains symptômes de la dépression. Quelques données préliminaires laissent croire que la musicothérapie pourrait être efficace dans le soulagement de certains symptômes de la dépression. Elle augmenterait aussi la réponse aux antidépresseurs. La musicothérapie pourrait aussi agir favorablement sur les troubles dépressifs des sujets âgés vivant en institution. Mais d'autres études seront nécessaires pour valider cette approche.

Autres indications. Des études ont été publiées relativement aux bénéfices de la musicothérapie dans le traitement de troubles de santé mentale divers ou de difficultés d'apprentissage, du syndrome de Rett, de la dyslexie, des nausées ou des vomissements post-opératoires, de la sclérose en plaques et de personnes souffrant de problèmes cardiaques et de la fibrose kystique. La musicothérapie pourrait aussi aider à exprimer des émotions liées au deuil, à l'apprentissage d'une langue seconde et à la réhabilitation à la suite de l'abus de drogues ou d’alcool. Les effets de la musicothérapie ont également été évalués auprès des femmes enceintes ou durant l'accouchement. Toutefois, les recherches disponibles à l’heure actuelle ne permettent pas de confirmer l'efficacité de la musicothérapie pour ces indications.

Contre-indications et risques. Les risques associés à la musicothérapie sont pratiquement inexistants et relèvent du bon sens. Cela dit, il est possible que certains patients, dans des conditions particulières, soient influencés négativement par certains types de musique - comme le « heavy metal » ou le « hard rock » - et se retrouvent par exemple dans un état d'excitation non désiré. Évidemment, le volume doit être approprié et adapté selon les circonstances et les patientèles. Enfin, les services d'un professionnel reconnu sont fortement conseillés afin de déterminer les conditions idéales d’utilisation de la musique dans un contexte thérapeutique.

extrait d'un article de passeport santé.
Par Ganaëlle38
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